19 septembre 2007

Hier, j'ai acheté des (trop belles) chaussures

Hier, j'ai acheté des trop belles chaussures. Anodin, vous dites ? Sauf que, devinez pourquoi, je ne pouvais pas les essayer. Mais j’ai fait la rencontre de personnes adorables.

Faites un test et jouez avec moi :

1) Vérifiez que vous êtes pieds nus.

2) Scotchez un gros coussin sur le ventre.

3) Essayez de chausser des chaussures à lacets.

Ah, ah. Vous vous apercevez que la tâche n'est pas aisée : c'est compliqué de vous baisser, et vous voyez votre partenaire s'approcher. Pire, rire aux éclats. Bref, résultat, vous êtes impotente : il vous fait vos lacets.

Et bien, c'est pareil dans les magasins. Impossible de jouer l'indépendante, à la "je peux lacer mes chaussures toute seule", comme tout le monde. Du coup,vous vous retrouvez à papoter avec la vendeuse, à discuter de choses intimes ; c'est la digression assurée.

Par exemple, hier, je suis allée chez Puma :

Moi (à la vendeuse) : "Bonjour, auriez vous ces tennis avec des scratches ?" Je montre des Puma noires qui me tentent beaucoup.

La vendeuse : "Non. Essayez celles-ci, je vais vous aider". Elle m'aide, me noue les lacets. Je me lève, apprécie ma nouvelle silhouette. Et la phrase choc tombe :

 

"Vous en êtes à combien de mois ?"

Moi : "6 mois". Attente. "Elles sont bien ces chaussures".

La vendeuse : "Et elles sont confortables pour votre état. La grossesse se passe bien ?"

Moi : "Oui depuis 15 jours ; Alors pour moi, c'est l'exotisme d'aller chez Puma."

La vendeuse : "Ah, alors profitez bien. C'est bien que vous puissiez marcher. Vous serez plus préparée pour l'accouchement."

Moi : " ? "

La vendeuse : "Ma mère et mes soeurs me disent que marcher beaucoup facilite l'accouchement. Quand je faisais de l'athlétisme,  on voyais des femmes enceintes faire des tours de piste"

...

Et je vous épargne le reste. On s'est finalement retrouvées toutes les deux assises à nous raconter nos vies. Il m’était arrivé la même chose chez Habitat : j'étais restée une heure assise avec une vendeuse dans un canapé.

Bref, je parle beaucoup chaussures, dernièrement. Et les gros ventres, ça créée des moments vraiment sympas.

15 septembre 2007

Les sens à l'affut

Déjà avant d'être enceinte, on me savait sensible. Mais depuis, c'est puissance 10. J'ai les sens à fleur de peau ; les musiques, les parfums, les mots doux, les caresses... j'ai le coeur qui réagit à la moindre atmosphère.

Au point que je ne peux plus écouter Souchon, car il me fait pleurer dès qu'il chante un baiser. Et quand j'écoute L'appuntamento, c'est comme si je palpais la sensibilité de Ornella Vanoni. Les frissons m'envahissent aux premières notes de « I Will ». Je chante à tue-tête « Il jouait du piano debout » avec France Gall. Et je tourbillonne avec Edit Piaf dans la Foule qui s'élance et qui danse.

La moindre délicatesse m'émeut terriblement. Un geste d’affection et je suis votre amie à vie.

Cependant, ce troisième semestre semble sonner le glas de l'allégresse ; le retour à la vie normale n’est pas loin. Dans 6 mois, je reprendrai juste le boulot. J’aurai le boulot, le mariage, le bébé à gérer. Et mon chéri à m’occuper. Le doute m’envahit : vais-je ne parler que de choses matérielles, dire à mon chéri « j’ai pas le temps de te faire un câlin » ? Bref, des questions chiantes, des questions existentielles.

Peut-être est-ce juste que je vais mieux (méta)physiquement. En attendant, je vais vous poster des musiques.

14 septembre 2007

Trick Me, Kelis (changement de style)

J'adore Anouar Brahem

Ornella Vannoni, une petite merveille

La reine Edith dans la foule

I Will

13 septembre 2007

La déclaration contemporaine

Il y a un an, en juin, je sortais victorieuse de mon grand oral de Master. J'enchainais depuis deux ans boulot à plein temps et cours du soir. Etudiante encore, étudiante, toujours, de 28 à 30 ans. Mes proches se demandaient quand j’allais m’arrêter. Une thèse ? Elle en serait bien capable.

Je planchais le matin dans le métro, le midi à la pause, le soir encore et le week-end non stop. Mon chien adoré, vieux labrador fou de 13 ans, m'attendait patiemment la tête sur mes genoux. Mon chéri aussi m’attendait ; World of Warcraft, Civilisation... Il était finalement ravi d'avoir autant de temps à consacrer à ses guildes.

Donc, il y a un an, nous fêtions la fin de cette époque épique. Un demi en terrasse. En famille ; mon chéri, mon chien et moi. Il faisait beau, nous étions bien, nous avons refait le monde.

Notre monde. Les vacances, un changement de boulot… un bébé ? Un bébé. Mon chéri le voulait depuis longtemps. Moi aussi, j’en avais envie, mais ce n’était pas le bon moment ; un boulot plus épanouissant… et avec un bébé… ça se bousculait sans trop de priorité. Et finalement, on s’est décidé. Autour d’un verre, un soir en terrasse. Il faisait beau, il faisait doux. Au mois de juin. On va faire un bébé, c’est décidé.

Et puisqu'on va faire un bébé, on va se marier.

Quel intimité...

12 septembre 2007

110, rue du Cherche Midi

Le samedi suivant, j'ai remonté la rue du Cherche Midi. La longue, la belle, la calme rue du Cherche Midi. De Saint Sulpice au numéro 110. Sous un ciel tout bleu, sans nuage. L'été en septembre à Paris. Et je suis arrivée. La boutique était blanche, belle, épurée.

J'ai retrouvé mes acolytes. Ma soeur Céline, ma copine Hélène, ma belle soeur de Russie. On aurait pu être plus nombreuses ; j'avais aussi envie de partager ce moment avec mes privilégiées. Mais il n'y aurait pas eu suffisamment de place dans la boutique.

Avant de vous raconter, il faut que je vous dise. Jeudi, j'ai vu mon docteur. Il m'a dit que tout allait bien, que le bébé avait bien grandit ; courbe de croissance positive. Je pouvais donc marcher sans crainte. Me balader tranquille. La grossesse était devenue sans risque. Je pouvais prendre le métro, aller à Saint Germain des Prés et ... essayer les robes de mariée. Tout ça avec l'approbation du docteur. J'étais soulagée, tellement rassurée.

Ah, ah, je vous vois déjà. Vous vous dites "Mais comment va-t-elle faire pour essayer des robes avec le bébé dans son ventre ?".

Car j'ai maintenant un ventre de 6 mois. Tout rond, tout devant. C'est que j'ai un mannequin rien que pour moi : ma petite soeur. Nous avons la même taille, les mêmes hanches, la même poitrine. J'ai quand même pu essayer ma Promise ; la robe Aron a un bustier taille empire. Et je l'essaie, avec mon gros ventre.

J'adore. J'adore, j'adore, j'adore, j'adore. J'adore. Je ne veux pas la quitter. Elle est faite pour moi. Je me trouve belle, si belle. Tellement élégante, délicate, légère. La grande Classe. Elle me va à ravir.

Peut-on essayer le voile ? J'essaie avec le voile. Un long voile bordé de dentelles de Calais. Qui recouvre la tête. Qui traîne loin derrière. Au moins 2 mètres de long. Un voile très classique, un peu espagnol. Un peu stricte. Le contraste est magnifique. Le voile ne va vite plus sans la robe, et la robe, sans le voile. Je m'en couvrirais à la cérémonie, le porterai sur les épaules au cocktail, m'en dénuderai en soirée. Sublimissime. C'est eux ; elle et lui. La robe et le voile.

Et les chaussures ? Les chaussures... J'imagine des sandales blanches talon aiguille. Les chaussures que mon chéri trouve les plus sexy.

11 septembre 2007

Organza de soie, ruban de satin

Delphine Manivet. Robes modernes et tellement sensuelles. Robes légères. Robes de femmes qui se marient à 30 ans. Comme moi. J'ai épluché tout son site.

Je me suis dite "Fie toi à l'esprit du créateur, c'est lui qui va refléter ce dont tu as envie". Et j'ai bien aimé Delphine. J'ai bien aimé son site. J'ai bien aimé son style, ses robes, ses bustiers magnifiques. Et surtout, j'ai bien aimé une robe. The robe.

Car j'ai eu le coup de coeur. Le vrai coup du coeur. Celui qui pense à elle sans s'en rendre compte. Celui qui a des idées fixes. Celui qui s'insinue dans vos pensées, tout doucement. Celui qui vous parle. Bref, j'ai bloqué sur un modèle.

La robe Aron. En organza de soie bordée d'un ruban de satin. Une Courte.

Mais sur la photo, la fille était assise. Et sur le croquis, je la trouvais pas à assez longue. Et puis, ça restait une photo. Il fallait essayer.

10 septembre 2007

J'ai trouvé ma robe

J'ai trouvé ma robe.

J'en ai essayé plein. Plein de grands créateurs. Plein de robes très chères, modèles uniques, de 3000 à 8000 euros pièce. Des perles. Des sublimissimes. Des qui mettent tellement en valeur votre dos. Dès qui font un p'tit côté sauvage. Des qui donnent envie d'embrasser votre nuque. Des qui sont à la limite de la décence. Des qui vont sur vous comme sur un mannequin. Des qui de toute façon vous êtes déjà superbe ; elles vous vont à merveille toutes les trois.

Mais des qui font soit très classique, soit robe de soirée, soit pas très ajustée, soit très stricte, soit pas moi. Soit pas moi, quoi.

J'ai essayé tous les grands couturiers de la place parisienne. Avec beaucoup de dentelles, de soie, de perles et même de papier. Toutes très belles.

Mais mon cœur, qu'en disait-il ? Et bien, il les aimait bien, toutes. Il les trouvait jolies. Mais pour lui, si on lui demandait son avis ? Et bien, lui, il n'avait pas encore rencontré sa promise. Il y avait bien eu un début d'histoire. Avec la sauvage. Avec celle qui dégage votre nuque, votre dos, votre poitrine. Mais il n'y en avait pas qui vienne à lui, pas qu'il sente, pas dont il ait réellement envie. Pas qui l'attire sans savoir pourquoi. Pas qui lui soit naturelle, qui le choisisse, lui.

Alors j'ai entrepris de chercher encore. J'ai élargis mes recherches, j'ai fréquenté les moteurs de recherche "robes de mariée, Paris". J'ai épluché les listings. J'ai regardé les sites. Pas facile. Il y en avait beaucoup. Des images longues à télécharger, des sites sans retour à la page d'accueil, des photos où on prenait plus le visage de la mariée que la robe.

Et puis, je suis tombée sur un site tout simple. Tout épuré. De navigation facile. Avec de belles robes. Des courtes, des pures, des tapis rouge. J'avais un bon feeling.

09 septembre 2007

Couper le cordon. Quel cordon ?

Avant quand quelqu'un me parlait de son enfant, j'étais juste polie.

Je posais très peu de questions. Ce que j'appréhendais, c’était le moment d’après, le moment qui n’a pas de fin, le moment où on s’ennuie. Parce que la réponse dure des heures, parce que la personne est subitement tellement investie qu’elle ne se rend pas compte qu'elle se parle toute seule. On peut couper le son, on sait quand même ce qui se dit. Et vous, vous n'existez plus.

« Et vous ? », vous demande-t-elle poliment, après un temps d’attente.

« Moi ? Non, je n'ai pas d'enfant ».

Ah. Ah, vous n’avez pas d’enfant. C'est qu'alors, rien ne se passe dans votre vie. Et que vous ne pouvez pas comprendre. "Vous verrez quand vous en aurez un". Peut-être. "Profitez bien de vos grasse matinées". Si je veux.

Mais maintenant que j'en attends un, vais-je feindre l'intérêt quand on me parle d'autre chose, des enfants des autres, de rien, de sorties, de ciné, des potins ? Me fermer dans ma bulle d'amour au point que plus rien ne compte ? Mon chéri, dis moi non !

08 septembre 2007

Hier j'ai eu mon premier com'

Je suis toute excitée. Hier, j'ai reçu mon premier com'. J'en avais bien reçu deux au début, mais j'avais deviné qui en était l'auteur. Ils étaient biaisés. Alors que celui-là, il débarque tout droit du monde anonyme, de la galerie internaute qui aime bien ce que j'écris et qui m'écris juste pour me dire ça. Que mon blog est sympa. Bref, il est CREDIBLE.

En plus, je suis touchée. Je sais bien qu'il faut de la persévérance pour que vos lecteurs vous connaissent un peu, s'habituent à vous, reviennent jeter un oeil sur votre site, vous adoptent... Et là, juste là, hier, sur mon blog à moi, vous avez un comm'. Encore une fois, je suis touchée.

07 septembre 2007

Ikea

Oh la la, je panique. Préparer le mariage, les travaux de l'appart' et l'arrivée du petit, facile, isn't it ? Sure. Easy for me.

Pour votre bon plaisir, je ne vais pas énumérer ici la liste des innombrables tâches que ces termes cachent. Cette semaine, je gère de front robes de mariée, traiteur, curé et travaux, avec la paranoïa de ma mère en prime (sinon, ce n'est pas drôle).

Mardi on a fait le grand périple : on est allé chez Ikea. Quatre heures de voiture, shopping massif ; ça ne m’était pas arrivé depuis six mois.

Et Ikea c'est formidable. Y compris pour les femmes enceintes qui doivent s’asseoir toutes les 5 minutes et qui n'aiment pas les escaliers. Possibilité de tester canapés et lits sous l'oeil attendri des vigiles. Patience des vendeurs devant la minutie de mon « cahier des charges » bancale. Toujours un modèle qui plait, en salle de bain ou cuisine. Livraison rapide. Et même, je me suis régalée avec le poulet et les pâtes aux épices à midi.

Et le pire, c’est que Ikea ne m’a rien donné pour vous raconter tout ça. Victoire totale. C’est sûr, sans voiture, c'est moins facile. C'est sûr aussi, un fauteuil roulant disponible aurait bien facilité la vie de mon chéri. Car finalement, c'est pour lui que ça devait être moins évident. Parce que lui, il a les travaux, le mariage, le bébé... et moi !

J'essaie désespérément de trouver par quel bout la concurrence pourrait commencer pour les rivaliser... et pourquoi pas un site marchand en ligne, pour les femmes aux gros ventres comme moi ? En tous cas, je les trouve très forts, chez Ikea.

06 septembre 2007

Je vous présente mon équipe

Je ne sais pas s'il m’entend ; je lui parle depuis 15 jours. Je suis au lit les yeux rivés au ventre. Il est une petite boule bien localisée et a l’air à l’aise, là, quand je vois mon ventre lové tranquille sur le matelas. Mon ventre en amour.

Déjà on s'éclate ensemble. On passe des moments doux, des moments drôles, remplis d’éclats de rires.

J'entraîne mon équipe pour le grand jour. C'est mon équipe interne : Mr Utérus, Mr Placenta et Mr Bébé.

Mr Placenta aime bien être pris dans le sens du poil. Il fait tout ce qu’il peut, c'est difficile pour lui. Il se sentirait mieux s’il remontait doucement ; il soulagerait Mr Utérus.

Mr Utérus a une mémoire visuelle. Il a besoin d'images. Là, je suis dans l'eau, avec les poissons. Mr Uterus, il faut faire du sport, voyons. Tendez-vous un peu pour voir... Allez, on va nager. Derrière le bateau à voiles. L’eau est chaude, elle glisse autour de nous. Bravo, Mr Utérus, vous êtes très fort. C'est bien, restez tendu. Mr Bebe nage avec vous.

Mr Bébé est tellement réceptif à ce qui l'entoure. Il a besoin de caresses. Il adore quand je ne pense qu'à lui, total exclusif. Et c'est gagné, il m'a à lui depuis le mois de mai. Moi et mon chéri.

Mon chéri rigole de moi. Mais son regard trompe son sourire moqueur. Moi je sais bien qu'il est super fier. De toute son équipe.

03 septembre 2007

Les échographies

J’entends son cœur battre la chamade tous les mercredis soirs. Un minuteur accéléré. Quasiment pas de temps d’attente entre chaque battement. Un cœur pressé.

Il est très fort. Il dépasse n’importe quel programme informatique au monde. Il tourne pendant 9 mois. Coordonne des millions de microprocessus et prend tous les paramètres en cause. Je suis bluffée.

J’observe les deux hémisphères de son cerveau. Minipieds, minigenoux, minicoudes, colonne vertébrale, vessie, estomac. Ils sont immenses dans son petit corps. On les distingue très nettement.

C'est que les échographies, c'est comme un spectacle. On ne sait pas si on va ressortir déçu ou heureux. En tous cas, ce qui est sûr, c'est que je suis total réceptive. Zéro distance.

Jusqu'à aujourd'hui, ca n'était pas trop la fête, mais je voulais voir le happy ending. Alors le col qui se rétrécit, le  placenta recouvrant puis trop mûr, les 50% de chance de faire une fausse couche... ça m'émeut terriblement mais je suis sûre que le héros de l'histoire va bientôt retrouver sa famille. Bon, d'accord, souvent après coup.

Et le bébé, il est toujours là. Il fait déjà des pieds de nez au monde et il épate la galerie. C'est qu'il défie tous les pronostics et qu'il tient bon, le chéri !

02 septembre 2007

Une intuition

Il m'est arrivé un truc incroyable. Mon corps m'a envoyé un message.

C'est que j'avais fait une "rétention de foetus" 9 mois plus tôt. En clair, le foetus était mort à 6 semaines mais était resté bien au chaud ; mes seins continuaient à grossir et j'en était toute réjouie (celles qui ont des petites poitrines me comprendront). Seulement voilà, à l'échographie du 3è mois, la chute avait été un peu rude.

Et lundi dernier, je me suis levée avec un sentiment de panique. J'étais persuadée que l'histoire s'était répétée, que le bébé n'était plus là. J'ai appelé mon docteur intime qui m'a prise en urgence. Mais en fait tout allait bien. Tout allait très bien même. Je suis revenue toute légère et bien décidée à ne plus croire en mes films comme ça.

C'est alors que je me suis dite "Ah ah, maintenant que tu es rassurée, compares donc les dates, vois le bébé qui arrive vit plus longtemps que la dernière fois".

J'ai donc sorti la fameuse échographie du fond de mon tiroir. Et là, stupéfaction. Ce jour là, ce lundi correspondait exactement à la date estimée de la mort du premier foetus. Mon corps s’en était rappelé alors que je n’avais rien senti 10 mois plus tôt.

Comme quoi, je ne maîtrise rien. Une fois le processus enclenché, mon corps est le grand manitou; il gère tout de A à Z ; il prend tout en compte, il crée, il se rappelle pour moi, il veille pour moi, il construit. Il m'épate.

01 septembre 2007

Ca commencait comme ça

Au début de ma grossesse, je voulais qu'une trace reste de l'attente du bébé.

Je me disais "Peut-être que mon bébé sera content de voir comment son commencement s'est passé". Qu'il serait rassuré d'avoir senti ses parents heureux à ce moment là.

Mais je me suis aussi rapidement vue quelques années plus tard, lui répéter avec ce sourire de la première fois "Sais-tu que je rédigeais un blog quand tu étais dans mon ventre?". ll m'aurait répondu poliment "Oui, maman, tu me l'as déjà dit" (et il aurait rajouté à part lui "tu radotes"). Cette image de vieille combattante l'aurait à coup sûr incité à fuir. J'ai donc admis que j'écrivais pour moi.

Progressivement, j'en suis venue à lui écrire après chaque échographie. Le 15 juin 2007, à 14 semaines aménorrhées, je terminais mon troisième mois. J'étais soulagée que cette période soit terminée. Pas de bol en effet : l'oeuf, au lieu de faire son nid en haut de l'utérus, avait préféré faire le grand saut pour atterrir bien en bas. Cette période n'avait pas été très agréable.

Je lui écrivais des lettres qui commençaient souvent comme ça "Mon bébé". "Mon beau bébé". "Mon superbe amour".

Au moins, elles seront là si l'envie lui prend de les lire plus tard.

Sauf que

On m'avait prévenue. "Tu vas voir, l'organisation d'un mariage, c'est une vraie galère". Sauf pour moi. Moi sur mon nuage, moi et mes ailes.

Sauf que.

Jusqu'à aujourd'hui, l'organisation de mon mariage était superbe ; on a visité tous les châteaux du Lubéron, avec mon chéri. On a fait l'amour dans les champs. On a craqué sur un beau château. Un tout vieux tout rouge. On a choisi un bon traiteur, à la réputation sans faille.

Sauf que. 

Sauf que tout le monde est vexé.

Ma belle-mère marseillaise, toute fière ; elle ne conçoit pas que le mariage se fasse ailleurs que chez elle.

Ma mère, qui aurait préféré que sa fille se marie dans le fief familial, en Bretagne.

Mais bon, tout ça, ce n'est pas grave, car il y a deux points positifs ; la copine de mon père ne souhaite pas venir (merci) et mes deux parents se déclarent prêts à payer leur part du mariage.

C'est un grand soulagement ; mon mariage ne sera pas objet de chantages dans le divorce de mes parents. Il va pouvoir se passer avec toute la famille, dans un lieu magique. Parce que j'adore les mariages et mes 35 cousins. Un peu comme Benjamin Malaussène. Mais en Bretagne, pas à Belleville.

Sauf que tout simplement, ma mère me glisse "Je ne vais pas pouvoir te donner d'argent avant l'appel du divorce".

Plouf.

Avec le même aplomb. Pas d'appel pour moi. Et comment je fais pour payer les arrhes du traiteur, des tentes, du château d'ici là ?

Envie de légèreté... je m'envole. Penser à prévoir un nouveau poste dans le package "préparation du mariage". Il s'appellerait "maman - seuil maximum d'emmerdement toléré". J'avais oublié.

31 août 2007

Avoir 30 ans c'est génial. Attendre un bébé, c'est génial. Se marier, c'est génial.

Avoir 30 ans, c'est génial. Attendre un bébé, c'est génial. Se marier, c'est génial. Mais attendre un bébé quand on prépare son mariage pendant que sa mère vous prend à partie dans son divorce, ça peut tourner carrément galère. Galère au sens propre du terme, avec des grosses rames bien lourdes qui n'avancent pas suffisamment pour vous en sortir.

Pourtant, de nombreuses analyses partent du principe qu'une grossesse rapproche le couple mère-fille. Moi, je ne me reconnais pas du tout la dedans. Il faut dire que j'ai une mère que je trouve bien difficile ; matriarcale, qui n'aime pas que les choses lui échappent. Si elle va bien, le monde va bien. Si non, c'est symétrique. Courbe d'élasticité = 1. Au pas, au trot, au galop. Il faut dire aussi que je pourrai mettre plus de gants.

Et là, avec le bébé et le mariage, la voix de ma mère se fait lointaine, ses mots durs aussi. Ils ne m'atteignent plus. Une jolie mélodie m'envahit ; "L'appuntamento" de Ornella Vanoni. Je m'évade.

Ma première note

Ca fait longtemps que l'idée me trotte dans la tête. J'aimerai bien faire un blog... J'aime bien écrire, j'aime bien cette interface pudique avec les gens, la possibilité de se livrer tout doucement, de faire de rencontres. Mais un blog sur quoi? Alors là, j'ai moultes idées. Moultes idées, mais pour que l'une prime sur l'autre, ça, on verra.

En plus, pour la première fois, j'ai beaucoup de temps pour moi. Je suis allongée depuis quatre mois. Je découvre ce que cache l'expression "Je me suis posé". Ah, je vois. Non, en fait. Vous vous êtes posé comment ? Parce que moi, je suis posée sur mon lit, sur le côté gauche. Et je commence à comprendre.

Plus jeune, j'avais au milieu d'une nébuleuse de meilleurs amis un journal intime. Je lui racontais tout. Je lui ai tout raconté pendant des années. En cinquième, j'étais déjà une assidue. Et ce n'est pas les lectures intempestives de ma mère qui m'empêchaient de continuer ; je lui laissais des messages dans mon journal.

Non, le besoin d'écrire s'est envolé à mesure que je quittais le nid parental. J'aime bien cette figure. Je m'imagine avec des ailes d'ange, les mains fendant l'air, m'envoler au dessus des toits de Paris, fermant les yeux... mmmh...

C'était il y a 10 ans. Je partais pour Londres. Je quittais mes champs et mes chevaux pour le bouillonnement de la capitale anglaise. La chaleur des pubs, les musiques créatives, l'élan cosmopolite. Quand je suis revenue un an plus tard, je parlais en pétillant. Ou pétillais en parlant.

Et maintenant j'ai tout juste 30 ans, j'attends un bébé, je vais me marier. Et je commence un blog.

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